Un projet, quel projet ?

Tout est poison. Rien n’est poison. Le poison est dans la dose.

D’où vient ce projet ?

Le domaine de la santé mentale n’est pas épargné par les profonds changements sociétaux qu’entraine l’actuelle révolution numérique. Celle-ci donne non seulement à tous un accès instantané et libre à un volume astronomique d’informations sur internet, mais elle permet également (sinon encourage) à tout un chacun de contribuer à ce recueil de connaissances. Elle modifie donc inexorablement l’attitude et les attentes de chaque citoyen – de même que son rapport au savoir.

Bien que le web soit l’une des principales ressources utilisées par les citoyens pour s’informer à propos de la santé mentale (80% des internautes l’ont fait un jour), il n’est que peu considéré comme fiable. L’anonymat, l’interactivité de même que l’accessibilité jouent un rôle majeur dans l’usage de ces outils pour répondre à des questionnements perçus comme sensibles.

De plus, le niveau de « littératie numérique » de chacun (soit la maitrise des outils informatiques) impacte fondamentalement la capacité à y recourir. Ainsi, une faible littératie numérique peut limiter le développement d’une littératie en santé. D’où l’importance de faciliter l’accès à des informations de qualité et en quantité – afin notamment d’améliorer la connaissance du public et, par conséquent, sa capacité à gérer ces difficultés.

Ainsi, les changements entrainés par le développement des nouvelles technologies expliquent que les patients dits connectés n’attendent plus passivement l’expertise des soignants dans une relation descendante. Au contraire, ils tendent vers une posture proactive en s’informant préalablement de manière à se présenter au corps médico-soignant dans une posture d’acteur – avec des droits et des devoirs, comme tout autre citoyen. Ce déplacement nécessite à l’inverse une adaptation des pratiques et des représentations des professionnels de la santé.

Force est de constater que cette question tarde à se poser dans les pays francophones, malgré les nombreuses directives et recommandations l’encourageant. Les individus au fait de ces avancées constituent une minorité. Partant de ce constat, le projet Toxiq vise à encourager un changement de pratiques dans trois principaux axes :

  • l’implication des usagers et des proches à tous les niveaux du système de santé,
  • la collaboration entre usagers, proches et professionnels,
  • ainsi que l’entraide (qu’elle soit entre pairs, entre proches voire entre soignants).

Pour ce faire, Toxiq souhaite diffuser des informations aux différents publics cibles, de sorte à encourager la réflexion, voire l’évolution des attitudes de chacun. Ces informations sont diffusées par des canaux (site web, réseaux sociaux, etc.) et dans un format (brèves interventions vidéos) adaptés aux habitudes actuelles de consommation.

Où va ce projet ?

L’objectif initial du projet Toxiq est de diffuser les concepts et les réflexions actuelles en santé mentale auprès des différents acteurs de ce champ. Cette sensibilisation vise à provoquer en chacun une réflexion sur sa propre attitude ainsi que ses représentations de la santé, de la maladie ou encore du soin. Ce questionnement a pour but d’encourager une évolution de chaque individu voire – à terme – un changement des fonctionnements institutionnels.

Afin de parvenir à cet objectif, nous recourrons à la diffusion de séquences vidéos de durées diverses donnant la parole à de nombreux individus ayant développé une expertise – que ce soit par leur travail ou leur vécu – de tous horizons.

Ces interventions présentent les réflexions actuelles de même que les bonnes pratiques vis-à-vis de trois axes thématiques – à savoir la participation des usagers et des proches, le partenariat entre les personnes impliquées dans ce domaine et les différentes formes d’entraide.

Afin d’atteindre notre but, il est essentiel que les contenus proposés véhiculent une information accessible et de qualité. Un soin particulier sera donc mis sur la forme de ces publications, dans le but d’assurer une adéquation entre les propos diffusés et le degré de littératie du public ainsi que d’offrir une plateforme attirante.

De quoi parle-t-on ?

La participation des usagers et des proches à tous les niveaux du système de santé mentale permet l’amélioration des pratiques en adéquation avec les besoins des personnes concernées.

La collaboration entre les professionnels de la santé (soignants, enseignants, chercheurs et gestionnaires) et les personnes concernées par la maladie psychique (malades et proches) facilite les pratiques quotidiennes.

Enfin, la compréhension mutuelle entre malades, proches et professionnels est nécessaire à l’amélioration des attitudes et des pratiques de chacun.

Que propose ce projet ?

Afin d’atteindre son but, la plateforme Toxiq diffuse sur internet des vidéos sur les thématiques de la participation dans les soins, la santé et la société, du partenariat entre les soignants, les patients et les proches ainsi que du soutien mutuel et de la pair-aidance professionnelle.

Ces interventions sont données tant par des professionnels de la santé que par des personnes concernées ou des proches, qu’ils soient suisses, français, belges ou québécois – complété de quelques intervenants anglophones.

43

Intervenants filmés

220

Vidéos publiées

32

Vidéos à venir

À qui s’adresse ce projet ?

Ce projet s’adresse à toutes les personnes francophones concernées par les enjeux de santé mentale – soignants, formateurs, chercheurs, administratifs, usagers, pairs, proches, etc. Le concept de santé mentale est compris ici au sens large, incluant notamment les addictions, les troubles alimentaires ou les troubles du développement.

Cependant, les contenus diffusés par le projet Toxiq n’ont pas pour but de remplacer les conseils d’un profesionnel de la santé.

Iannis McCluskey

Qui est derrière tout ça ?

Iannis McCluskey a fondé et présidé le Réseau romand des pairs praticiens en santé mentale (Re-pairs). Après avoir travaillé en Suisse romande, à l’Institut et Haute École de la Santé La Source ainsi qu’au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois, il est parti à Paris où il exerce actuellement au sein de Centre de recherche du Groupement Hospitalier Universitaire Paris Psychiatrie et Neurosciences.

Suite à un parcours quelque peu acrobatique dans l’univers de la psychiatrie, Iannis McCluskey a suivi une formation dite de « pair praticien en santé mentale ». Il met à profit cette double expérience – de patient psychiatrique et de professionnel de la santé – dans la réalisation du projet Toxiq.